Zeddour Brahim 1923-1954

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Zeddour Mohammed Brahim Kacem, dit Si Kacem, né le 2 février 1923 à Oran au no 5 de la rue Cambronne dans le quartier de Saint Antoine et décédé le 4 novembre 19541, jeune intellectuel formé à l’université égyptienne, licencié ès lettres, était un étudiant et militant nationaliste algérien, membre du mouvement national algérien, fils de Si Tayeb El Mehadji (Alem Jalil), personnalité religieuse éminente d’Oran, le grand imam de la ville.

À sa sortie de prison, il a décida de suivre ses études à l’université de la Zitouna à Tunis. L’admission était subordonnée à un test préliminaire. Les résultats de Si Kacem furent tels que les responsables de l’université l’inscrivirent directement en troisième année. Deux ans après il obtient la Ahliya, diplôme sanctionnant les études de cette institution.

À l’issue de ses vacances, Si Kacem repart en Égypte. Il repasse ses examens et obtient sa licence en septembre 1953. Il reste au Caire où il continue ses activités pendant un peu plus de six mois. Les autorités égyptiennes lui proposent leur nationalité pour qu’il reste enseigner chez eux. Il refuse. Les Koweïtiens veulent l’engager dans le même but avec des conditions attrayantes. Il consulte son père qui lui conseille de rentrer en Algérie où il y avait beaucoup plus à faire. Ainsi décide-t-il de rentrer au bercail. Le Bureau du Caire lui remit des messages à distribuer à des militants à travers tout le pays. Il les cache dans un poste radio. Il fait le voyage avec un anglo-saxon (?) qui participe à un rallye d’endurance avec une Renault 4CV. En mars 1954, il est à Oran. La famille ne le reverra que très rarement. Il sillonne le pays.

Le 2 novembre 1954 Zeddour Mohamed Brahim Kacem, l’un des « cerveaux » de la révolution algérienne, est arrêté par les autorités françaises à cause de son activisme révolutionnaire, quelques jours seulement après son retour d’Égypte, où il était étudiant et en même temps l’un des animateurs directs du mouvement nationaliste au Caire. C’est El Kacem, parti d’Algérie au Caire via Tunis après sa détention et sa libération à la suite des manifestations du 8 mai 1945 qu’il a dirigées à Oran, qui reçoit le jeune Mohamed Boukharouba, futur Houari Boumediène, à son arrivée au Caire après avoir accueilli Abdelhamid Mehri et Hocine Aït Ahmed. Il est un des délégués du PPAMTLD en Égypte. Premier martyre étudiant de la révolution algérienne, il succombe deux jours plus tard à Alger sous la torture par les agents de la DST1.

Au cours de ce printemps 54 deux évènements importants interviennent : d’abord en avril, la création du « Comité Révolutionnaire d’Unité et d’Action » (CRUA). Sa coordination est confiée à Mohammed Boudiaf et Mostefa Ben Boulaïd. Il éditera 7 numéros d’un bulletin secret « le Patriote » dont le dernier numéro date du 5 juillet 1954. Le 8 mai, un « petit » général, nommé Vô N’Guyen Giap, écrase les stratèges militaires français à Dien Bien Phu après une bataille de 63 jours. La France est humiliée… Si Kacem est partout en Algérie et nulle part. Un militant d’Oran, Mouloud Hassaïne, le reçoit pour déjeuner chez lui, fin octobre1954. Un autre convive était là : Larbi Ben M’Hidi. Trois hommes, trois statures, une même passion : l’Algérie, une seule arme : la foi, un seul atout : la justesse de la cause.

Selon les autorités, il aurait été transféré à Alger, d’où il se serait évadé. En janvier 1955, il est condamné par défaut à cinq ans d’emprisonnement, cinq ans d’interdiction de séjour et 150 000 francs d’amende1.

Un corps a été retrouvé le 29 novembre 1954 à l’embouchure de l’Oued Hamiz puis enterré dans une fosse commune dans le cimetière chrétien de Fort de l’Eau. aujourd’hui appelé Bordj el Kiffan. Ce pourrait être celui de Si Kacem. Le 10 novembre 1955, un an après son arrestation, le journal L’Express dénonce son assassinat par la DST et la dissimulation du corps1.

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