Onze siècles d'Histoire...

Période Arabo-islamique : 902 – 1509

902 : Fondation de la ville par les Omeyyades

C’est en l'An 290 de l’Hégire, 902-903 ap.JC, que des marins andalous, émissaires des souverains Omeyyades de Cordoue, débarquèrent sur cette crique très riche en eau et qui offrait toutes les conditions pour l'édification d’une ville de commerce et de transit. Conduits par Mohamed Ibn Abi Aoun et Mohamed Ibn Abdoun, chargés par le Khalife Omeyyade d'Espagne de créer un comptoir commercial sur la cote nord-africaine, les Andalous ont très vite acquis l'assentiment des tribus locales, Azdadja, Nefza et Mozguen, et donnèrent ainsi naissance à la Cité oranaise. Grâce à une position géostratégique incomparable , a ses voies d’accès, et ses atouts sur le plan militaire et économique, Oran, à travers les siècles, allait fatalement nourrir toutes les convoitises.. En 928, Mohamed Ibn Khazr El Meghraoui, occupe Oran et renforce l'autorité de la dynastie Omeyyade de Cordoue. A peine deux années plus tard, les Fatimides reprennent la Ville. Détruite déjà une première fois, quelques années a peine après sa fondation,
Oran allait connaître, jusqu’en 1082, des conflits et des affrontement sanglants entre les Omeyyades d’Espagne et les Fatimides d’Ifrikya. En un peu plus d’un siècle la Ville passera d’un camp à l’autre une vingtaine de fois avant de connaître une période de calme relatif.

1080-1238 : Almoravides - Almohades.

En 1080, Abou Nasr Youssef Ibn Tachfin venu de sa Capitale Marakech s'empare de la ville d'Oran. pour un régne de 63 ans à peine. Assiégé à Tlemcen par les Almohades, les "Mouwahidine", Youssef Ibn Tachfin gagne Oran d'ou il espérait s'enfuir en Andalousie. Mais en 1145 il y perd tragiquement la vie en chutant d'une falaise pour échapper a l'incendie du fort ou il s'était réfugié. Trois jours après la mort de Youssef Ibn Tachfin, le Cheikh Abou Hafs Omar place Oran sous l'autorité de Abdelmoumen Benali pour un règne Almohade de prés d'un siècle. Le port d'Oran, qui étaitt également un centre de construction navales, devient un carrefour commercial euro-africain entre les Almohades et les puissances chrétiennes du pourtour méditerranéen. Les commerçants de Pise, Venise, Gêne et Marseille se rendaient à Oran pour l'or venu de l'Afrique subsahariénne, les céréales, le coton du Tessala, les épices et les tissus. Oran était aussi un centre intellectuel qui ne connaîtra de déclin qu'a la chute de l'empire. Enjeu des luttes entre les puissantes dynasties de l'époque, la Ville sera tour a tour Zianide, Mérinide et Hafside.

1238 - 1509:  Zianides et Mérinides 

En 1228, yaghmorassen s'empare d'Oran et la place une première fois sous l'autorité de la dynastie des Zianides de Tlemcen. En un peu plus d'un siècle, la ville passera des mains des Zianides aux mains des Hafsides tunisiens, puis des Zianides aux mérinides. En 1347, Abou Hassen El Méraoui s'est installé à Oran ou il reçu la soumission des princes de Gafsa, Gabes, Tozeur, Nefta et Tripoli. C'est à lui que l'on doit la construction des forts de Bordj El Ahmar, devenu plus tard le Château-neuf, et de Bordj-el- Marsa à Mers-Le-kébir. En 1360, le souverain Zianide Abou Hamou Moussa II investit la ville qui connaîtra sous son régne une période de grande prospérité. Devenu le Port de Tlemcen, Capitale des Zianides, Oran confirme sa place économique et commerciale aux échanges importants avec les autres ports de la Méditerranée. Oran confirme aussi son statut de centre intellectuel et cultuel important. Capitale d'une province allant de la Tafna au Chélif, elle était gérée par un conseil d'élus comprenant d'éminent hommes de sciences, de culture et de religion à l'image de Sidi el Houari (1350- 1439) et de Sidi Brahim Ettazi ( 1375- 1462.) qui avaient, plus que les souverains gouvernants, une audience et une grande autorité auprès des habitants de la Cité.

L’Imam Sidi Le Houari,
Saint Patron de la Ville
Né en 1350 à Kelmitou, un village prés de Mostaganem, Mohamed Ibn Omar El-Houari s’initie dés son plus jeune âge à la voie mystique. Fils d’un notable de la tribu des Houara, il quitte sa famille pour vivre en ermite anachoréte avant de s’établir à Fes puis à Bédjaia pour parfaire sa formation. Dés 25 ans il enseigne le Coran et l’exegése et écrit son ouvrage “As-sah-oua tenbih”. Après le pèlerinage à la Mecque,il se rend à El-Quods puis Damas avant de s’installer à Oran ou il mourut à l’age de 99 ans. Son autorité, son audience et son ascendant auprès des populations était si grande qu’il deviendra à jamais le “Saint Patron” de la Ville.