Cheikh Miloud MEHAJI 1909 – 2001

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Plus connu à Oran sous le nom de Cheikh Miloud Mehadji, ce savant théologien est né à Oran le 16 novembre 1909 dans le quartier de Medina Djedida. Il est issu d’une famille honorable de la tribu des Mehadja, dans la région d’El-Gaâda, à quarante kilomètres au Sud-Est d’Oran, il s’initia tout jeune à l’apprentissage du Coran auprès des célèbres maîtres de la ville d’Oran, de Kristel et de Nedroma. Il retourna dans sa ville natale pour suivre les cours dispensés par le célèbre Cheikh Tayeb Mehadji, son oncle paternel à la mosquée de la « Tahtaha », au quartier de Medina Djedida. En 1932, Cheikh Abdelhamid Ibn Badis en visite à Oran fut reçu par la famille Zeddour-Brahim, Cheikhh Miloud Mehadji décida de le rejoindre à Constanntine, et de 1933 à 1935, il s’inscrit aux cours dispensés par ce vénérable « Alim » au milieu de ses disciples de « l’association des Oulemas ». après cette période, il regagna l’université islamique « Zitouna » de Tunis et une année après il retourna à Oran, sur instruction de Cheikh Ibn Badis pour diriger la campagne réformiste « El-Islah ». c’est à cette époque que fut érigée la Mederssa-mosquée « El-Falah », en 1937 qui forma de nombreux nationalistes à Oran.

Cheikh Miloud entreprit une activité débordante dans la lutte anti-coloniale et ses premières actions ne passèrent pas inaperçues. Elles entraînèrent rapidement la réaction de l’administration coloniale qui ferma la Medersa. Cheikh Miloud fut condamné à un mois de prison ferme et mille francs d’amende. Après de nombreuses interventions de notables d’Oran, la Medersa fut réouverte. « L’association El-Falah » reprit ses activités mais subit les intimidations des services de police. Cheikh  Miloud fut arrêté le mois d’avril 1940. Il fut menotté et passa cinq jours dans la cellule de la prison avant d’être transféré à Djeniene Bourazk, dans le Sud Oranais, à cent kilomètres de Aïn Sefra. Il demeura dans ce camp  de détention jusqu’à sa fermeture en 1942.

Cheikh Miloud reprit son combat sous diverses formes notamment par l’appui aux partis politiques nationalistes dans les différents meetings, les campagnes électorales, les prêches dans les mosquées, dans le secteur éducatif au sein des medersas et les représentations théâtrales dont la plus importante  fut la pièce   « Algérie », une fresque sur la résistance menée par l’Emir Abd-El-kader jusqu’au mouvement nationaliste des années 1950. En 1951, il fut sollicité par Cheikh Larbi Tebessi pour encadrer les medersas et les mosquées de Oued Rhiou, sous la tutelle de l’association des Oulemas. En 1956, il revient à Oran après avoir subi des tracasseries policières. Néanmoins, il poursuivra son combat pour aider les nombreux réseaux de la guérilla  urbaine FLN d’Oran.

Après l’indépendance, il rejoint le secteur de l’éducation jusqu’à sa mise en retraite, en 1970. Ses derniers jours avant sa mort, le 30 juin 2001, il les consacra à ses prêches à la mosquée « El-Hidaya El-Islamia », près de la gare d’Oran.

 

 

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