Abdelkader EL-YAJOURI (1912 – 1991)

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Cheikh Abdelkader El-Yadjouri est un imam, un homme de culture et de science et un militant de la cause nationale, membre de l’Association des Oulémas, très connu à Oran quand il s’installa dans cette ville, en 1954, avec sa famille, pour diriger la célèbre « Medersa El-Falah » de Medina-Djedida, en remplacement de Cheikh Saïd Zemouchi, muté à Constantine.    

Ce savant théologien est né en 1912 dans la région de Oued-souf. Ce fils aîné, étudiera le Coran jusqu’à l’âge de douze ans avant de se rendre dans le sud tunisien, à Tour, dans la Zaouia de Sidi-El-Mouldi . Plus tard, il rejoindra l’université de la Zitouna où il étudiera pendant neuf années, aux côtés de Cheikh Mehdi Bouabdelli. En 1934, il fit la connaissance de Cheikh Abdelhamid Ibn-Badis et devient membre de l’Association des Oulémas. De retour de son village natal, il enseignera durant trois années dans le petit village de Amiche.  Le 18 Avril 1938, il est arrêté par l’administration coloniale pour activités subversives. Il subira, jusqu’à l’indépendance treize détentions. Il est incarcéré une première fois à la prison de Kouidat de Constantine, puis placé en résidence forcée dans cette ville, puis à Miliana, pendant deux ans, jusqu’en 1942. Après Miliana, où il rencontrera Mustapha Derroukh, un membre du P.P.A. Il est respectivement incarcéré     à Saïda, Bechar et Beni-Abbès. Libéré, en 1944, il se rend à Aïn-Séfra, Béchar et Alger. Le 7mai 1945 à la veille des événements sanglants, ,il est de nouveau arrêté à Biskra, puis placé en résidence surveillée à Batna et à Constantine jusqu’à l’été 1946 où il est libéré à la faveur d’une amnistie. Entre 1946 et 1948, il enseignera dans les Médersas, gérées par l’Association des Oulémas de Sidi-Bel-Abbès et Relizane. Entre 1948, il participe à l’ouverture de l’Institut Ibn-Badis de Constantine, dirigé par Cheikh Larbi Tébessi dans lequel il enseignera, aux côtés de Reda Houhou, et des Cheikhs Hamani, Abdelmadjid, Hireche, Abdellatif Soltani. Parallèlement, il donnera  des conférences au cours des veillées de Ramadhan à travers les villes du pays.

En août 1954, il dirigera à Oran, la Medersa El-Falah de Medina-Djedida. En août 1955, en qualité de représentant de l’Association des Oulémas à Mascara, il fait, le jour de l’Aîd, une « khotba »virulente contre le colonialisme. Sur ordre du préfet de l’Igamie d’Oran, Pierre Lambert, il fut arrêté à la gare de Tizi, petite localité de Mascara et emprisonné au camp d’Aflou. Il sera incarcéré dans d’autres camps de détention de Bossuet, Arcole et de Sidi-Chami jusqu’en mai 1961. Encore une fois, il est placé en résidence surveillée à Oran jusqu’à l’indépendance.

 Après un bref passage, (1963-64) comme inspecteur des affaires religieuses, il se consacre à l’enseignement général et religieux durant treize années. De 1964 à 1977, il est professeur de langue et littérature arabe au lycée Ibn-Badis d’Oran (Ex Ardaillon), parallèlement aux prêches et aux cours qu’il dispensait dans les mosquées et à la « Medersa El-Falah ». Cheikh El-Yasouri, préférant la pratique de l’enseignement à celle de l’écriture, il sera un infatigable lecteur dans les bibliothèques d’Oran. Cet homme s’investissait avec amour dans les activités pédagogiques, mêmes dans les lieux de détention. Modeste, simple et généreux, Cheikh Abdelkader El-Yajouri a formé de nombreux cadres et intellectuels ouverts au progrès. Ce père de huit enfants, cet homme de culture et du savoir est décédé à l’âge de 80ans. Il a été inhumé d’une foule très nombreuse, venue rendre un dernier hommage à ce nationaliste de fin pédagogique qui a formé deux générations de lettres d’Oran et d’autres villes du pays.          

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